Celles et ceux que l’on ne voit pas : approches croisées du travail et des subjectivités dans le secteur des festivals de cinéma et d’audiovisuel
Paradoxalement, alors que les festivals de cinéma et d’audiovisuel sont au cœur de ce secteur, les conditions de production et de travail qui permettent leur existence font figure d’angle mort dans la littérature académique. L’aura associé à l’événement tend en effet à invisibiliser les acteurs qui en assurent la mise en œuvre. Pourtant, derrière la diversité des festivals — allant du militantisme indépendant au glamour industriel — se cache un socle commun de conditions de travail : précarité, porosité entre vie privée et professionnelle, travail par projet, ergomanie, travail non rémunéré en espérant une rémunération future, « salaire psychique », exploitation de soi, quête de réalisation par l’activité, compétition, mobilité géographique, et concentration dans certains centres urbains. Bien que ce sacrifice personnel trouve ses racines dans une forte passion pour le cinéma, il ne peut être réduit à ses seules répercussions psychosociales négatives. Ce travail offre des gratifications essentielles qu’il est important d’examiner afin de préserver la subjectivité des professionnelles et des professionnels. En s’appuyant sur des concepts issus de la sociologie, des cultural studies et de l’économie politique, notre analyse cherche à comprendre la tension entre l’épanouissement individuel et l’exploitation de soi, en tenant compte de l’engagement des professionnel·les qui participent à la vie des festivals.
Jérémy Vachet a obtenu un doctorat (PhD) à la School of Media and Communication de l’université de Leeds (Royaume-Uni) en 2019. Sa thèse porte sur les impacts psychosociaux de la précarité et de l’insécurité, dans un contexte néolibéral, chez les musiciens indépendants. Depuis 2019, il est maître de conférences au département Culture et Communication d’Audencia, à Nantes (France), et membre associé du LabSIC de l’Université Paris-Nord Sorbonne. Parmi ses publications récentes, on trouve l’ouvrage Fantasy, Neoliberalism and Precariousness publié par Emerald (2022), l’article « Toward a sociological explanation of anxiety: Precariousness, class and gender among independent musicians » dans The Sociological Review (2024), ainsi que « Utopia isn’t for Everyone » : Inégalités de carrière et stratégies d’adaptation chez les musiciennes indépendantes, dans la revue Biens Symboliques.
Pour assister à la rencontre, rendez-vous le 13 mars 2026 à 14h sur le lien Zoom suivant :
https://univ-cotedazur.zoom.us/j/89437918897?pwd=s7Xd4I3OquX6gwKBD0KJvMAWXqKra3.1
ID de réunion : 894 3791 8897
Code secret : 905616
